:

Enfant
pour cesser de :
Parler de soi prem-
-ier pas .
Journée baille
Le monde en soleil mat
montre son
horizontale humide blessure .
Je lis le cielconstellé comme du braille
Limon : gravier : cailloux :
Premier p-
-as
Étonnante fatigue
Tout solitude
Un corps est pesant le
Corps est pesant
Limon : gravier : cailloux : poussière :
Sur un sol blessant les
Premiers p-
-as
Étonnante fatigue
Déjà
Et
Tout:
tout
tout
S’incline
se navre et s’
oblique cou penché fa-
-tigue j’ai bien travaillé
Un corps est pesant
un corps est incertain
faible il peut le di-
re fai-
ble

Pourquoi
confonds-je souvent : avec l’oiseau
l’arroyo simple
où joue l’
enfant ?

Tebdu

Que mon poème soit beau et se déroule comme un long fil

Que tout disparaisse s’est-elle écriée
Et tout disparut
Que tout meurt s’est-elle écriée
Et tout mourut
Que tout se désole s’est-elle écriée
Et tout fut désolé
Comme si tout ce qui était devait se navrer
Non seulement d’être mais d’avoir jamais été d’avoir seulement été
D’avoir à peine été si peu si peusi peusi peusi peusi peu
Eté [tebdu]


Comme si le faible bâti avait pêché d’orgueil
……
Le sentier carrossable et ses motos cyclopes
Le chantier vacant où il n’y a que des corbeaux et
Les mégots de clopes
De collégiens en vacances
La luisance sonore des aigres errances
Le sang chaud du tamin
Et sa grandiloquence
L’éloquent chaabi des
Joueurs de mandole
Le mendiant quémandant dehors la coupole
Les loques odorantes et la maigre pitance
Le lanternement des rêveries de France
L’enterrement des corps de France
Leurs loques odorantes et leur maigre pitance
Le lanternement le temps perdu
A rêver de France ou à s’en souvenir
Regarder les avions aller et revenir

Quoi de tout ça méritait ça
Car à l’exception de tout ça d’à peine ça de si peusi peusi peusi peusi peu si peusi peusi peu
On parlait
Mangeait
Dormait
Simplement
(c’est-à-dire assez mal pour parler honnêtement
simplement c’est l’euphémisme pour dire mal
Chez les modestes gens
Et les modestes gens l’euphémisme pour dire les miséreux
Chez les gens miséreux
Une manière de ne pas se salir la bouche quand on parle de soi
De garder sa dignité c’est-à-dire le sentiment abstrait de sa valeur
Voilà l’orgueil qu’on avait celui de dire un peu moins
De ne pas tout dire déclarer un peu moins
Dire ça va quand ça va pas
ça va pas ça va pas ça va pas
Pourtant toi qui nous a affligé de cette chaleur
Tu sais que l’orgueil n’est pas la dignité
Toi qui connaît le verbe comment l’ignores-tu :
La dignité (le sens de l’honneur) est un euphémisme moral
L’orgueil est une hyperbole morale

…...
Quoi
La dignité est-elle à la morale ce que la fraude fiscale est aux impôts
Je veux dire une valeur non-déclarée ?

Douleur non déclarée tirrugza oblige
Sous la coupole et sa grandiloquence on parlait pourtant de choses simples
Et le tamin et sa grandiloquence parlaient de choses simples
Avec grandiloquence de choses simples
Comment distribuer de l’eau à chaque maisonnée
Simple
Partager les récoltes en parties équitables
Simple
Accueillir un pauvre à sa table
Les soirs de Ramadan
Simple
Bien partager la viande le jour de l’Aïd
Simple
Et on disait aussi quelque fois je l’avoue
Pouvoir assassin pouvoir assassin pouvoir assassin
Car c’est comme ça qu’on dit je t’aime
Simple
Chez les modestes gens

Et alors que simplement
On faisait ces choses que l’on a toujours fait
Attendant comme chaque année ce commencement
Ce commencement vint et il vint

Tebdu
C’est le commencement la lueur affamée
Clarté immense puissante annule
Annule le jour annule le jour annule le jour
Le soir tombait sur le soir
Comme si la mort s’endeuillait de la mort de la mort
Le malheur en pléonasme
En foulage
Annule le jour annule le jour annule le jour
Que tout s’annule s’écria t-on
Et tout s’annula
Et ce tebdu-ci commença dans une lueur si forte
Que nos yeux l’entendirent
Aucun tebdu avant ne fut plus tebdu que ce tebdu
Et ce tebdu s’abattit sur les crêtes comme la faulx sur les épis moissonnés
Car il fallait il fallait il fallait que la vie naisse de la mort
Et pour faire annuler d’abord
Tout allumer pour
Tout éteindre

Ça naquit de ce qu’on chérissait
La nature familière
On a dis aaraben on voulait pas dire baba
Les chênes les figuiers les oliviers

L’incendie le grand parricide
Branches brûlantes des arbres forts
Ont saisi la main qui les avait plantés
Et le couvert que la main avait fait de sa cuisse
Et le plat que la main avait fait de son ventre
Ont recouvert ses yeux d’un bandeau noir
Le courtil et son herbe fragile
Où couraient les souris les rats les musaraignes
(au moins ça maintenant on en est débarrassé
Bien sûr car ça nous a débarrassé de tout de tout ce qui fut de tout ce qui était
De tout ce qui voulait pensait marchait
Rampait mangeait tapait
Pouvait portait courait glissait passait
Voyait touchait palpitait palpait brouttait
Sentait
avait
était
avait été
avait été avec persistance avec persévérance avec effort)
|—–ce qui fut—————————-ce qui avait été——————————ce qui est——————–——————-ce qui sera—->

Ce qui fut est encore là par le souvenir la réminiscence dans le langage dans le verbe
Résistant dans les inflexions de la voix dans les proverbes
Dans les mots paroles échangées discrètement comme des biens de contrebande
Comme de la poudre à canon

Et aussi dans la musique
Qui les font passer d’oreille en oreille
C’est si liquide une voix qui chante
C’est si liquide une voix qui chante
C’est si liquide une voix qui chante
C’est si liquide une voix qui chante
C‘est si liquide une voix qui chante
C‘est si liquide une voix qui chante
C’est si liquide une voix qui chante
C’est si liquide une voix qui chante
C’est si liquide une voix qui chanteee
C’est si liquide une voix qui chanteeeeee
C’est si liquide une voix qui chanteeeeeeeeee
Mais ça n’étanche la soif d’aucun feu
Mais ça n’étanche la soif d’aucun feu

Mon poème n’est pas comme un ruisseau il n’étanchera la soif
D’aucun
Feu