malade

Covid a fatigué mon corps c’est-à-dire
Ma volonté
Le corps est fait de volonté
Du sang de l’air animé mais avant tout de la volonté
Sans volonté le corps est une pièce de marbre
un meuble immobile non plutôt un sabre
De décoration
Le corps est fait de volonté la maladie c’est de ne plus vouloir
et de ne que douloir.


Le corps somnolent tend vers le sommeil comme le corps malade tend vers
La mort
Ça n’est plus la volonté qui le commande c’est sa négation
Son refus
:
Je ne peux pas vouloir mourir je ne peux que vouloir cesser de vivre.
La mort ça n’est pas une chose que l’on veut
Ce qu’on appelle le “désir de mort” est ce qui advient quand la volonté a cessé de se mouvoir
Dans le coeur
De l’homme de la femme de l’enfant
Celui qui se suicide ne commet pas un acte de volonté
Ça n’est pas lui qui se suicide
C’est lui qui arrête de vouloir vivre
Qui se laisse aller comme un fleuve qui déborde
Dans son principe je crois que la volonté ne peut vouloir cesser
Son être étant de se perpétuer
De croître
Je ne crois pas qu’il existe de pulsion de mort

Quand on est malade la volonté néanmoins est affaiblie
Son étreinte est faible elle n’a pas de poigne
Elle manque de fermeté
Comme quand on parle parfois et qu’on se dit alors qu’on parle
Qu’on pourrait aussi bien se taire (ces moments où chaque mot que l’on prononce paraît comme l’ombre du silence, où l’on entend le silence comme par-dessus ce que l’on dit, où l’on attend d’être interrompu par n’importe quoi , une parole, un bruit)
Il y a une tension
Un appel ?
Une suggestion ?
Une attente ?
Quelque chose répugne à venir
Tarde à venir
Une gêne

La Covid a frappé mon corps à la volonté
Malade comme englué dans le corps
Le dualisme – qui voit le corps et l’esprit comme deux entités distinctes
Vient de corps malades c’est-à-dire d’esprits malades c’est-à-dire de corps malades c’est-à-dire…
Entre la pensée et l’action un temps immense
Dans le corps en bonne santé la volonté épouse le corps
Colle à la peau comme une chemise mouillée


C’est cela d’être vieux ?
Tout est difficile c’est comme si
Tout devait être fait deux fois
Il faut doubler l’effort de volonté comme un sac de course trop lourd

Je suis lent
Pourrais-je courir si je le voulais ?

*


Après tout quand tout s’éteint
Ce vouloir en moi malade
Ce sommeil qui ne vient pas
Ou qui ne vient pas seul
Ce sommeil qui ne vient pas ou qui ne vient pas seul
Cette solitude du corps que le sommeil ne dérange pas
Ce sommeil qui ne vient pas seul
Qui ne viendra pas seul et que je n’attends pas
Cette solitude comme aggravée par toutes les compagnies du monde
Dans cette chambre sous-terraine où il y a tout ce que j’aime
Les livres les images les habits les souvenirs mêmes
Où j’ai tant pensé que les murs ont pris la couleur de boue rouge de
Mon esprit
(ainsi ces villes où les usines s’essuient les mains – ainsi Gardanne par exemple)
Ce sommeil qui ne vient pas seul
Peuplé de rêves qui n’ont pas la fantasie des rêves seulement
Leur angoisse
Ces pensées obtuses fixes comme des yeux fébriles
Comme la lumière dure et droite du soleil à quatorze heures
Ces yeux d’où est parti le regard
Cette flamme à peine éteinte
A tel point qu’on ignore si elle est encore une flamme ou déjà une fumée fuyante
Rapide
;;;;::::……….
….

..
.
Quand tout s’éteint
Pourtant
Je suis encore certain
De l’amour de Dieu
De l’amour de ma mère

 ٱللَّٰهُ أَكْبَرُ

présentation

  1. C’est un atelier
  2. C’est un lieu imparfait
  3. Ça n’est pas selon moi un blog, un bloc-notes, un journal intime ou un carnet de terrain, même si les lecteurs sont libres de le regarder ainsi s’il leur plaît
  4. C’est un lieu où les textes, choses, objets, sont régulièrement retapés, révisés, peaufinés, appauvris, améliorés, supprimés, amputés, refaits, raturés, réagencés
  5. Par conséquent, chaque texte a une infinité de versions toutes aussi légitimes les unes que les autres
  6. Ça n’est pas un puzzle
  7. C’est plutôt un collage
  8. Il y a un espace consacrés aux “trucs”, où j’expose les choses diverses que je fabrique. Il contient des objets ayant rencontré une certaine forme d’achèvement
  9. C’est un lieu à l’écoute de ce qu’on en dit
  10. C’est un lieu silencieux
  11. C’est un espace qui trouvera certainement sa cohérence après de longs atermoiements
  12. C’est un espace d’inachèvement, par conséquent, c’est un espace de vulnérabilité
  13. Mais ça n’est pas un espace intime
  14. C’est un espace d’essai et d’erreur
  15. C’est un lieu d’exposition mais ça n’est pas un lieu de monstration ou de valorisation (en tout cas je ne crois pas)
  16. C’est un espace de distraction et de repos
  17. C’est ma chambre à coucher.

:

baiser volé

A peine,
…….subtilement,

……. ……. ……. ……. ……. ……. là,

……. ……. ……. et ……. ……. ……. ……. ……. ……. là,

…….……. ……. ……. là,

comme c’étaient. les étoiles quand en
……. ……. …….avait le ciel l’été

en Bourgogne
……. étoiles sanguines …….. ainsi j’y pouvais
lire en y passant le doigt
…. sagement .

Ce silence . est une jeune main

…. lui
…. …. …. …. et …. ….
…. ….

comme le ciel …….. large de Bourgogne
……. ……. main

ta main où je promène encore …… …….l’haleine baillée du premier matin
…. le faux baiser…………

ta main où la mienne……tandis que l’aube humide s’étire …… se
…… devine
….. …… se devine
…… …. .. se sug-
-gère
ta main comme un mot sur le bout de la langue
. évite en tou-
-chant
…… …… ………

A peine,
…….subtilement,

……. ……. ……. ……. ……. ……. là,

……. ……. ……. et ……. ……. ……. ……. ……. ……. là,

…….……. ……. ……. là,

……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. …….ta main j’y ai vu la grande Ourse ainsi que dans l’eau
……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. crue
……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. ……. d’un lac
……. …………… ta main de bleu mais matin rouge. ça n’était: plus déjà :

……. ……. ……. …….. La tienne

I-1

Le temps subtil entonoir
Où noirs des sables inutiles
Glissent inutilement

Pause

Délicieux silence s’écoute comme une musique